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Depuis la rentrée, je constate sur le terrain une évolution intéressante : les demandes reprennent et le nombre de visites qualifiées augmente sensiblement.
Ce mouvement intervient alors que les conditions de financement se tendent à nouveau.
Au 1er octobre 2026, les taux moyens observés par Pretto atteignent environ 3,66 % sur 20 ans et 3,75 % sur 25 ans. Dans le même temps, le rendement de l’OAT française à 10 ans s’est approché de 5 %, dans un contexte de tensions sur le financement de la dette française.
Le projet de budget 2027 présenté le 1er octobre prévoit par ailleurs 43 milliards d’euros de mesures nouvelles, avec un objectif de déficit public ramené à 5 % du PIB.
C’est probablement la question que se posent certains acquéreurs.
Le raisonnement paraît simple :
« Si les taux remontent, mieux vaut acheter avant qu’ils n’augmentent davantage. »
Mais en immobilier, il faut se méfier des raisonnements fondés sur un seul indicateur.
Car une autre équation existe :
Acheter moins cher avec un taux plus élevé peut parfois être plus intéressant qu’acheter plus cher avec un taux plus bas.
Prenons un exemple volontairement simplifié.
Un bien à 450 000 € financé à 4 % peut représenter une opération plus intéressante qu’un bien à 500 000 € financé à 3,5 %, selon l'apport, la durée du crédit et l'ensemble des coûts liés au projet.
Il ne s'agit évidemment pas d'affirmer qu'il vaut mieux attendre une baisse des prix ou accepter une hausse des taux.
Il s'agit de regarder l'ensemble de l'équation.
Un autre élément est parfois oublié : un crédit immobilier n'est pas nécessairement figé pour toute la durée du projet.
Si les conditions de marché deviennent plus favorables, un emprunteur peut, sous certaines conditions, renégocier son crédit ou envisager un rachat.
En revanche, une fois la transaction réalisée, le prix auquel le bien a été acheté ne se renégocie pas.
C'est pourquoi je conseille de ne jamais prendre une décision uniquement en fonction du taux du moment.
Il faut regarder :
le prix d'acquisition ;
le financement et l'apport ;
la mensualité supportable ;
la fiscalité ;
les travaux ;
les charges ;
l'horizon de détention ;
la situation familiale et patrimoniale ;
et, pour un investissement, le rendement attendu.
C'est une distinction importante.
Le marché peut évoluer.
Les taux peuvent monter ou redescendre.
Les banques peuvent modifier leurs conditions.
Mais votre situation personnelle, votre capacité financière et la qualité du bien restent déterminantes.
Mon conseil est donc simple : ne jamais se précipiter parce qu'un indicateur évolue.
Avant de se demander :
« À quel taux puis-je emprunter ? »
je préfère poser une autre question :
« À quel prix et dans quelles conditions cet achat reste-t-il cohérent avec mon projet et mon patrimoine ? »
C'est aussi dans cette approche que je vois aujourd'hui le rôle du conseiller immobilier.
Pas simplement trouver un bien.
Mais aider à prendre une décision éclairée.